L’ADN ENVIRONNEMENTAL FERA SES PREMIERS PAS AU CÉGEP DE ST-FÉLICIEN – Une pratique avant-gardiste dans le réseau collégial

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16 novembre 2021

Le Cégep de St-Félicien investit dans l’acquisition d’équipements de laboratoire et de matériel d’échantillonnage spécialisés pour effectuer des analyses d’ADN environnemental (ADNe). Les premières analyses se dérouleront dès la prochaine session d’hiver. Cette nouveauté permettra aux étudiants en Techniques du milieu naturel d’expérimenter une technologie émergente de plus en plus utilisée sur le marché du travail. 

L’ADNe est une technique qui réfère aux traces d’ADN laissées par les organismes dans leur milieu comme les lacs, les rivières, les océans, la terre ou même la neige via leurs empreintes. L’utilisation de l’ADNe est en expansion et pourrait même devenir une étape préalable à tout échantillonnage afin de vérifier la présence d’un organisme cible ou de détecter la présence d’espèces en péril ou celles qui sont envahissantes. Sur le marché du travail, les techniciens en aménagement de la faune et en protection de l’environnement devront en maîtriser les techniques d’ici quelques années.

« Le département des Techniques du milieu naturel a toujours été à l’avant-garde des technologies innovantes. La réalité virtuelle et l’utilisation de drones aériens font maintenant l’objet d’enseignement dans le cadre de certains cours. Il allait de soi pour la direction du Cégep d’investir dans les techniques de l’ADNe afin de permettre aux étudiants d’être formés adéquatement pour le marché du travail », a affirmé Pierre-Luc Ménard, directeur des études.

Les avantages de l’ADNe sont nombreux. En comparaison aux techniques traditionnelles d’inventaire qui nécessitent capture ou observation des organismes, l’ADNe est beaucoup moins invasive pour les espèces et permet, entre autres, d’éviter la mortalité. « Cette technique s’inscrit dans une démarche de développement durable, elle est fiable, sensible et sûre pour l’espèce étudiée et son habitat », a mentionné, l’instigatrice du projet, Marie-Justine Deschênes, enseignante en Techniques du milieu naturel et biologiste.  Elle nécessite également moins de temps et de main-d’œuvre sur le terrain, ce qui est un avantage important de nos jours », a-t-elle ajouté.

La pratique d’ADNe évolue rapidement. Elle permet, entre autres, de réaliser le portrait d’un milieu naturel sans avoir à observer directement les espèces ou les indices de leur présence. On pourrait, par exemple, déterminer si une espèce particulière de poisson se trouve dans un lac donné en récupérant seulement un échantillon d’eau. Pour les étudiants du programme unique au Québec, l’application de ces nouvelles techniques est d’autant plus intéressante, car ceux-ci effectuent régulièrement dans le cadre de leurs sorties terrain des inventaires complets de la biodiversité de milieu, tels les lacs, les milieux humides et les milieux forestiers.  

En prélevant des échantillons d’ADN que les animaux laissent dans l’environnement, les étudiants pourront indirectement détecter leur présence. Ainsi, ils procéderont à la prise des échantillons dans le milieu respectif et effectueront différentes manipulations, dont l’amplification des fragments d’ADN en laboratoire, et ce, afin vérifier la présence d’un organisme cible. 

La première phase du projet sera réalisée cet hiver où la plus grande partie du travail réside dans l’acquisition des compétences et l’élaboration des protocoles de laboratoire. À l’automne 2022, les étudiants en Techniques du milieu naturel de la voie de spécialisation Aménagement de la faune pourront prélever les échantillons d’eau sur le terrain, alors que ceux en Protection de l’environnement auront la chance de réaliser l’ensemble des expérimentations en laboratoire.

Le Cégep de St-Félicien souhaite devenir un chef de file dans le domaine de l’ADNe et permettre ainsi à ses finissants en Techniques du milieu naturel d’être plus polyvalents à l’égard des nouvelles technologies qu’ils verront sur le marché du travail. La possibilité de réaliser des analyses d’ADNe pour des firmes ou des entreprises locales et différentes avenues en recherche seraient également des visées potentielles à plus long terme pour l’institution. 

Sur la photo, Marie-Justine Deschênes, enseignante en Techniques du milieu naturel, exécutant des manipulations dans la hotte à flux laminaire.